Un contemporain classique…

Le  1er sujet d’ « Explique Moi l’Art Contemporain » valait bien un grand « classique », si j’ose m’exprimer ainsi! Cherchant l’inspiration dans les livres et magazines parfois cachés au fin fond de la bibliothèque sous quelques particules de poussière, le tableau « Rythme d’automne » a tout de suite attiré mon attention. Cerise sur le gâteau,  l’automne arrive dans 24 jours très exactement, soit le 22 septembre, c’est donc à propos…

Rythme d'automne (Numéro 30) de Jackson Pollock
Rythme d’automne (Numéro 30) de Jackson Pollock

L’égouttement et non la graisse de rôti !

Pour ce grand tableau (et la série dont il fait partie) Jackson Pollock marche, bouge, danse autour de la toile placée au sol en jetant de la peinture en tout sens.

Jackson dira : « I need the resistance of  hard surface. On the floor, I’m more at ease. I feel nearer, more apart of the painting, since this way I can walk around it, work from the 4 sides and can literally be in the painting ».

NormalAppImage(9)(2)
Jasckson Pollock et le dripping

Par ce procédé, Jackson Pollock crée « l’énergie et le mouvement rendus visibles »

« Les déplacements de Pollock, leur cadence et leur rythmes constituent une danse rituelle durant laquelle la distinction entre l’artiste et l’homme tend à se réduire » extrait de « Lire l’art contemporain dans l’intimité des oeuvres » de Isabelle Ewig, Guitemie Maldonado, ed. Larousse.

Mais pas que ! il invente  en meme temps le dripping, égouttement en français (peut signifier aussi graisse de roti mais dans notre cas aucun rapport…) Ce sont des projections de peinture (et non de graisse) qui forment des entrelas de lacis colorés, des juxtapositions resserrées qui forment un tout,  une saturation de l’espace bi dimensionnel.  Excécution rapide, impulsion naturelle, jaillissement spontané sont les maîtres mots. On pourrait presque aller jusqu’à dire qu’en 2, 3 coups de cuillere à pot ,  c’est réglé ! Cette méthode est appelée « action painting ».

Peinture sur sable des indiens d’amérique, les Navajos.

S’il préferait le whisky coca au calumet de la paix (american way of life oblige), notre Jackson a puisé son inspiration dans l’art des peintures sur sables dites magiques des indiens d’Amérique Navajos .

Mise à part le « grain » de la toile , l’abstraction de ces peintures et leur caractère mystique ont fasciné Jackson Pollock. Ca tombe bien, car l’art brut, qualifié comme l’origine de l’art abstrait, a le vent en poupe dans le milieu artistique moderne. Et bingo, ça marche du tonnerre. En effet, quelques années auparavant, The Peggy Guggheinem lui dit : « Come on baby ! My gallery is yours… ». Une exposition est réalisée en 1950 avec en oeuvre phare Rythme d’automne (numéro 30), oeuvre importante du mouvement artistique l’expressionisme abstrait :

Détail de Rythme d'automne
Détail de Rythme d’automne

C’est un succès et ça fait beaucoup parler. La presse l’a décrite comme l’une des trois meilleures expositions de l’année, et Cecil Beaton a organisé un tournage de mode célèbre dans l’espace d’exposition, qui parut dans le très hype magazine Vogue. Rhythme d’automne était l’un des principaux travaux qui figurait dans ce spectacle, en bref ca marche à fond. Petit bémol, une seule peinture de l’exposition a réellement été vendue… C’est pas grave, tout le monde est content, Jackson Pollock et Ruth Kligman, sa compagne et muse, bras dessus bras dessous s’en vont célébrer cet heureux évènement. Plus d’information sur Ruth Kligman dans « Pollock, De Kooning, Johns, Warhol, Kline – their muse and lover.

Et le sens de tout ça ? allez vous me dire voir me demander. Et je vous répondrais…

Énergie primitive !

Du tableau se libère une force organique,  une  part d’animalité figée (roaaaaar) materialisés par les formes projetées sur la toile.

La démarche de Jackson Pollock est la  recherche des pulsions enfouient de l’Homme pour ensuite les  exprimer sous des formes élémentaires; comme un échappatoire à la modernité de nos vies, aux productions standardisées et ses process automatisés , à nos journées réglées comme du papier à musique. Par le rejet du geste répété, de l’automatisme de la peinture traditionnelle, cette toile dénonce le conformisme, et présente un hommage à la spontanéité enfantine.

En conclusion , Jackson Pollock a construit un pont entre nous, l’Homme moderne et son passé, son antiquité, sa préhistoire.  Cette oeuvre est aussi l’occasion de voir, comment, en art contemporain, les moyens de production de la « pièce » tiennent une place tout aussi importante que la « pièce » en elle même.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.