Ça tourne  ! 

Untitled, 2011, Lee Bae

Acrylique et pigments de charbon

Travail sur le contraste et la densité de la couleur noire pour lui donner du corps. Le médium utilisé pour ce travail, le charbon, est choisi pour :

– ces qualités plastiques qui assurent la profondeur du noir,

– ces références culturelles puisque le charbon (bois brulé) a été, dans l’art, l’un des 1er outils utilisé pour dessiner. Et sera également un matériau de construction de maison au Japon : technique du shou-sugi-ban.

– sa symbolique, car allegorie en chimie de la matière première. Le dictionnaire des symboles ajoute qu’il s’agit du “Symbole du feu caché, de l’énergie occulte; la force du soleil dérobée par la terre est enfouie en son sein; réserve de chaleur. Un charbon ardent représente une force matérielle ou spirituelle contenue, qui chauffe et éclaire, sans flamme et sans explosion; parfaite image de la maîtrise de soi chez un être de feu. Le charbon noir et froid ne représente que des virtualités; il a besoin d’une étincelle, d’un contact avec le feu, pour révéler sa vraie nature. Il réalise alors la transmutation alchimique du noir au rouge. Il est une vie éteinte, qui ne peut plus se rallumer par elle-même, s’il reste noir.”

Ça pixel’art ! 

Lac Sainte-Anne, 2008, David Garneau.

La technique est la superposition des motifs tourbillonnants réalisés avec des points de ton clair sur une peinture aux contours simplifiés et une palette chaude.

Un hommage et une réappropriation du pointillisme. Un clin d’oeil aux images de nos écrans créées à partir de milliers pixels. Le saviez-vous ? : pixel = picture element. 

L’art contrasté.. et non contrarié

Monuments To The Normal Ones de Josefina Sierra Guzman est une série de petites sculptures.

L’innovation se trouve dans le comment c’est fait : les matériaux utilisés combinent des objets bon marché ou usés tels que des pierres, de l’argile et des plastiques avec des pièces métalliques parfaitement dessinées, travaillées. A cela s’ajoute l’association d’un côté de matières souples et de l’autre de pièces durs avec lesquelles l’artiste parvient à créer une composition équilibrée.

Chacune des sculptures est un hommage à des qualités peu reconnues et des situations banales comme les titres des oeuvres le signalent : “hommage à nous, les lents” ou “l’hommage aux choses gratuites”.

Fluo en vue dans le désert

Seven Magic Mountains, 2016, Ugo Rondinone.

Le désert du Nevada s’anime tout d’un coup avec les 7 colosses de calcaire de l’artiste Hugo Rondinone. Interruption sans ménagement de l’immobilité de ces vastes étendues arides. Les couleurs fluos et les formes de cette formation de pierre contrastent avec le paysage des lieux.

Une des installations les plus grandes des États-Unis depuis plus de 40 ans, située à quelques 15 kilomètres au sud de Las Vegas, près du lac Jean Dry.

L’artiste travaille ici sur les volumes, les perspectives et le modelage de la lumière en milieu naturel. Mais pas seulement ; il souligne aussi, par cette oeuvre, les frontières entre la matière brute et la matière artificielle, la réalité et le simulacre.

Acrylic splash ! 

Canal, 1963, Helen Frankenthaler.

Le tableau représente des formes fluides et aplaties. L’artiste créée des formes dans des couleurs semi-transparentes, brillantes et denses avec des bords bien marqués. Un peu à la façon de Pollock, elle crée l’accident tout en contrôlant le jeu de formes, de couleur et d’espace.

L’art  :  une autre réalité  ? 

Judith, 2006, Vera Preobrazhenskaya

Ce tableau fait partie du courant Nouvelle Réalité, né en Russie à la fin des années 50 et qui encourage les artistes à convertir leurs sensations et leurs émotions en représentations abstraites. On appellera cela la méthode Bielutin (du nom de son inventeur). Cette méthode s’appuie sur la théorie du Contact, basée sur la puissance créative innée des gens dans tous les domaines d’activité et dont Bielutin a fait un manuel de 700 pages…

I’m sexy and i know it… no  ?! 

X-4,1978, E’wao-Kagoshima.

Pastel, gouache et stylo sur papier.

Ses peintures sont hyper-imaginatives et érotiques empruntant des éléments visuels à Picasso, Klossowski et Baldessari. Caricatures et kitsch se sont imposés dans son oeuvre et sont devenus le support d’interprétation de l’histoire de l’art et de la culture japonaise traditionnelle. Sa marque de fabrique : le pop-surréalisme.

« La peinture est un monstre… »

Untitled, 2004, Gilgian Gelzer, acrylic on canvas.

Son travail questionne l’espace et la façon dont la forme y prend place. «La peinture est un monstre qui s’accapare un très grand nombre de réalités pour incarner une expression concrète du monde.» Gilgian Gelzer.