Seul devant Mondrian !

Je me souviens avoir souvent été figée, comme ça, devant un tableau d’art contemporain, sans rien comprendre. Si je ne saisissais pas le sens profond d’une oeuvre et le message caché de l’artiste, je sentais bien que tout cela essayait de me dire quelque chose. C’est ce que me rappelle ces tableaux de Liu Ye, « Composition à la lune » ci-dessus ou « Mondrian dans le matin » ci-dessous, les 2 réalisés en 2000. Alors j’avais envie d’en savoir plus. Comme la belle couverture d’un livre qui vous invite à l’ouvrir pour le lire.

Les tableaux de la série « Composition » de Mondrian sont typiquement ceux devant lesquels la néophyte que j’étais se disais : « Non mais attends, un enfant de 4 ans avec une bonne règle peut le faire » ou encore « mouais bon ce Mondrian a vraiment rien inventé. On nous prendrait pas un peu pour des buses! » et aussi « un exos de géométrie bac moins 10 et le truc vaut mon salaire sur plusieurs générations ».

Au bout d’un moment je me suis dit que tout cela devait plus ou moins rimer à quelque chose et qu’il fallait regarder au delà des apparences, voir plus loin, s’interesser aux créations de mon temps.

Mondrian in the afternoon, 2000, Liu Ye

Mondrian in the afternoon, 2000, Liu Ye

C’est à ce moment que j’ai acheté mon 1er ouvrage sur le sujet. J’ai commencé LIGHT pour ne pas trop me décourager. Alors j’ai cherché ce qui se rapprochait le plus du mode BD : des magazines hors série type Télérama avec de belles images et un peu de texte pour la légende.

Et j’ai étudié ! Tellement que j’ai fini par m’inscrire en licence d’art plastique à la Sorbonne. En plus des cours sur l’histoire et la philosophie de l’art, des exercices pratiques pour se « frotter » aux difficiles exercices de création : dessin contemporain, créations personnelles, images fixes et en mouvement… A partir de là, j’ai tourné 7 fois ma langue dans la bouche avant tout jugement disons hâtif.

On comprend entre autre que même si la naissance d’un mouvement artistique est une rupture avec les courants qui le précèdent, ce même mouvement en est aussi héritier.

Parfois malgrè avoir compris une oeuvre, et bien on ne l’aime toujours pas. Mais cette fois c’est en toute connaissance de cause si j’ose dire. En art contemporain c’est comme le reste : parfois on aime des trucs que personne n’aime et d’autre fois on n’aime pas des machins que « littéralement tout Paris adore ! »

Dans un cas la communication est établie, dans l’autre elle ne l’est pas. La chronique de Nicolas Bourriaud dans Beaux Arts magazine le présente ainsi : « A chaque fois qu’une tension interne, [… …] , trouve soudain dans l’oeuvre d’art une « solution » » . Autrement dit en langage courant : ça vous parle !

L’oeuvre d’art est alors la « mise en forme de tensions intérieures qui étaient jusque là destructices » et nous proposerait « une solution » pour résoudre nos conflits intérieurs. (Selon Baptiste Morizot et Estelle Zhong Mengual dans « Esthétique de la rencontre » éd. Seuil)

L’etape suivante peut alors en toute logique être le 1er achat pour une « personal collection » …

J’espère en tout cas que ce blog vous en donnera le goût et l’envie.

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