100 000$, le sabot et le Guggenheim

The Hugo Boss Prize 2010, Hans-peter Feldmann.

L’argent ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval certes mais sur les murs du Guggenheim, oui. 100 000 dollars collés sur les très distingués placo-plâtres de la galerie.

L’artiste choisi d’exposer son prix Hugo Boss reçu précédemment. Sens du recyclage ou expression du lien qui unit art et argent ?

Drapeau rouge sang

Drapeau catalan peint pour le carton d’invitation d’une exposition à Barcelone, 1971, Antoni Tapies.

A l’arrière plan, l’écriture grise fait référence à l’histoire et l’art catalans;

Au 1er plan, la version de l’artiste du drapeau catalan : quatre barres rouges sur un champ jaune comme un clin d’œil à la Catalogne. La légende voudrait que le drapeau catalan ait été inventé par un comte de Barcelone agonisant, dessinant avec ses doigts ensanglantés sur son bouclier doré pour créer le symbole de la Catalogne.

Lost in space

Progress, 2015, John Brosio, oil on canvas.

Il n’y a pas de doute : cette scène est étrange. Nous avons pourtant l’habitude de voir des fusées posées sur les sols extra terrestres : Les blockbusters et séries, les Amstrong et Apollo nous ont familiarisé avec le sujet.

Mais ici, l’auteur introduit une nouvelle dimension : les astronautes, en costume, préparent une salle de réunion ou lisent un journal, à la façon terrienne, avec leurs gestes habituels sans être particulierement génés par le changement d’atmosphere, le sol, l’apesanteur. Ce qui peut amèner les pistes de réflexion suivantes :

La conquète de l’espace, le progrès technologique, le réchauffement climatique… Est ce que tout cela ne nous dépassent pas comme cette immense fusée ramenant l’Homme à un être minuscule tel une fourmie qui traverse le jardin au milieu des pots de fleur et des instruments de rattissage, tonte, bechage… ?

Quel sens donner aux simple objets du quotidiens, à notre vie actuelle dans un autre contexte ? Auront-ils encore un sens ailleurs ou demain ? Ces « spacemen » insouciants sont accrochés à leur matériel en bois ou objet en papier car, s’ils les perdent, ils ne pourront plus les retrouver ni les reproduire sur cette terre lointaine. Se cachent-ils la réalité, la vérité de la situation ? Ne voient-ils pas que l’utilisation de ce matériel en ce lieu est impropre, inutile voire ridicule ? Essaient-ils de se raccrocher aux derniers souvenirs de l’humanité ? Ils ont sauvé ce qu’ils ont pu : table et chaises pour reconstruire le futur, journal pour se rappeler l’Histoire et ne pas la répéter…

Est ce que l’auteur nous dit que tout continue comme avant alors que tout change autour de nous ?

Citation de la fontaine

Quebra-cabeças (puzzles) Duchamp, 2001, Nelson Leirner.

L’artiste Nelson Leirner a réalisé cette composition grâce au procédé de la citation avec l’oeuvre « Fontaine » (1917) de Marcel Duchamp. (Qui en fait est un urinoir…)

En art, on appelle citation une composition qui met en valeur un thème, un sujet ou une technique d’une oeuvre dite historique. Elle crée un dialogue entre passé et présent. Et rappelle aussi qu’en art rien n’est créé ex nihilo, c’est à dire que rien n’est créé à partir de rien ! L’oeuvre est souvent en partie le fruit d’un héritage passé, revisité avec un regard contemporain voir futuriste.

Un oiseau dans le métro

Jones Beach, 2017,  Matthew Grabelsky  de la série New York City Subway. 

Cette oeuvre est :

– une peinture et non une photo. On note donc la technique de la représentation figurative de l’artiste,

– un humain avec une tête d’oiseau. Original !,

– un contraste entre le sujet et son traitement : la banalité de la scène (une personne assise dans une rame de métro et le protagoniste qui est une hybridation mi homme mi animal,

– l’intention :  faire percevoir la part d’inconscient de chacun, voir d’originalité, pourquoi pas de fantastique. Des êtres hybrides conformes à leur environnement mais cultivant leur propre univers intérieur, faisant écho à un “continuum culturel beaucoup plus vaste”,

– Les références : les histoires de la mythologie grecque,

– Courant artistique : hyperréalisme, figuratif.

​Accumulation obsession !

Madison avenue, 1962, Arman.

Arman est obsédé par la répétition depuis ses débuts. Ca commence par des œuvres réalisées à partir d’empreintes répétées , dessinées avec des parties d’instruments de musique, musique qui au lieu d’être un son devient langage plastique.

Ce sera le “leitmotiv” pictural de l’artiste : traduire des objets produits en série en matériau plastique pour créer une œuvre unique. Le recyclage artistique d’objet de grande consommation : voila le concept qui a fait le tour du monde depuis et a renouvelé le langage pictural de l’époque.

 “Madison Avenue” est le motif répétitif créé par l’accumulation d’escarpins et qui rappellent le claquement des talons sur le trottoir de ce lieu mythique de Manhattan. Voila la répétition du mouvement mêlée à la répétition du son. Pourtant ces objets de prêt à porter vendus en masse sont pris et empilés dans un volume rappelant la vision d’objets amoncelés dans une poubelle. On passe d’objet mythique à objet rébu.

Beaucoup y verront une allégorie des fondements productivistes et économiques de l’entreprise. Certains, les fantômes des horreurs de la 2nd guerre mondiale.

Hors contexte

L’artiste appelle cela un «processus de transformation légèrement violent et dérangeant». Fabian Bürgy déconstruit les objets du quotidien et crée, avec ceux-ci, des scènes comiques ou dérangeantes. Les sculptures ainsi formées interrogent et provoquent la curiosité. Les objets sont dépouillés de leur 1ère fonction. C’est comme cela qu’une barrière de circulation prend l’aspect d’un tissus accroché au mur. 

Le changement est une condition fondamentale de la vie. La transformation est la réalité.

Ces oeuvres montrent l’invisibilité, l’euphémisme des petits objets non remarquables. Et pourtant ils sont si utiles ! Une oeuvre l’est-elle ? Les éléments banals trouvent ici une scène pour être vu.

L’art thérapeute

Freud, Fish and Butterfly, 2012, Wang Haiyang.

Souvent social et engagé, sa peinture est intérieure. Représentation de son angoisse subconsciente et de ses désirs enfouis. Le tout prend forme en scènes imaginaires qui peuvent mettre un peu mal à l’aise le spectateur car hors confort visuel et émotionnel habituel. Ses pièces oniriques se rapprochent du surréalisme. Effet accentué lorsque l’artiste décline ses peintures sous forme de vidéos, de peintures animées (https://youtu.be/tc6wRR_TodM)