Esprit, es tu là ?

Personnage, 1979, Bengt Lindström.

Inspirée d’une initiation chamanique du grand nord, l’artiste suédois crée cette toile. Elle rappelle l’art brut par l’empatement de matière et les couleurs vives sorties du tubes, sans mélange ni nuance. Ce choix technique renforce le caractère primitif de ces personnages et l’énergie tellurique de leur esprit encore présents parmi nous. En observant attentivement le tableau, nous invoquerons peut être les forces vitales cachées au plus profond de nous…

Et vous ? Que réveille en vous ce tableau chamanique suédois ? N’hésitez pas à laissez un commentaire.

Art « indiscipliné »

C’est cette expression que vous devrez utiliser lors de votre visite du MIAN (Musée international d’art naïf) de Magog au Quebec.

L’art naïf est à la fois un mouvement ancien puisqu’il a vu le jour à la fin du 19eme siècle et contemporain car de nombreux artistes utilisent cette forme d’expression jusqu’à aujourd’hui pour exprimer leur talent de grand enfant !

Les plus connus ne sont pas contemporains mais plutôt de la periode moderne :

1. Henri Rousseau

Henri Rousseau, Surpris ! , 1910

Henri Rousseau, Surpris ! , 1910

2. Séraphine Louis

Séraphine Louis, l'arbre de paradis, 1930

Séraphine Louis, l’arbre de paradis, 1930

3. Sidney Nolan

Sidney Nolan, sans titre (Ste Kilda), entre 1938 et 1948

Sidney Nolan, sans titre (Ste Kilda), entre 1938 et 1948

Comment reconnaitre une oeuvre d’art naïf :

– C’est figuratif façon « indiscipliné » comparativement aux techniques enseignées classiquement aux Beaux Arts; les règles de perspective, les choix des couleurs, la précision des formes sont traités de manière moins stricte.

Euridyce, No quarto da vovo, 1969
Euridyce, No quarto da vovo, 1969

– les sujets sont souvent « populaires » : scènes du quotidien voir personnelles. Mais pas seulement…

Fatima Hassan Farrouj, 2003
Fatima Hassan Farrouj, 2003
Le Guern Louis-Gabriel, Le Christ Roi, 1975
Le Guern Louis-Gabriel, Le Christ Roi, 1975

– les coups de pinceau ont un air spontané

Albasser Pierre, Au fond du lac
Albasser Pierre, Au fond du lac

Résultat : un graphisme qui rappelle un dessin d’enfant sans l’être vraiment.

C’est un des mouvements qui a inspiré de nombreux artistes d’avant garde et pas des moins connus ! Citons par exemple :

Picasso

Pablo Picasso, le coq, 1932
Pablo Picasso, le coq, 1932

– Dubuffet

Jean Dubuffet, sans titre, 1979
Jean Dubuffet, sans titre, 1979

– Kandinsky

Kandinski, Improvisation 9, 1909
Kandinski, Improvisation 9, 1909

Partagez si cette article vous a plu.

Voici un portrait robot

Portrait d’Edmond de Belamy, 1ère œuvre ­produite par une intelligence artificielle, créée par 3 « artistes » français, Hugo ­Caselles-Dupré, Gauthier Vernier et Pierre Fautrel.

Elle est peut être la prochaine rupture de l’histoire de l’art contemporain. Elle en a déjà les signes puisqu’elle soulève les passions, certains n’hésitant pas à qualifier le tableau de plagiat ou d’imposture.

Rupture esthétique en plus d’une certaine remise en question du statut d’artiste et des institutions : comment le portait réalisé par des informaticiens grâce à la « technique » du pixel coloré peut-il prétendre à être oeuvre d’art ? Un sujet qui sera discuté par les experts prochainement à ne pas en douter.

Le tableau a été vendu aux enchères plus de 380 0000€ en octobre 2018, par Christie’s. Si, en plus, l’argent s’en mèle…

PS : Le robot ne laisse rien au hasard: jetez un coup d’oeil à la signature en bas à droit du tableau.

Lost in space

Progress, 2015, John Brosio, oil on canvas.

Il n’y a pas de doute : cette scène est étrange. Nous avons pourtant l’habitude de voir des fusées posées sur les sols extra terrestres : Les blockbusters et séries, les Amstrong et Apollo nous ont familiarisé avec le sujet.

Mais ici, l’auteur introduit une nouvelle dimension : les astronautes, en costume, préparent une salle de réunion ou lisent un journal, à la façon terrienne, avec leurs gestes habituels sans être particulierement génés par le changement d’atmosphere, le sol, l’apesanteur. Ce qui peut amèner les pistes de réflexion suivantes :

La conquète de l’espace, le progrès technologique, le réchauffement climatique… Est ce que tout cela ne nous dépassent pas comme cette immense fusée ramenant l’Homme à un être minuscule tel une fourmie qui traverse le jardin au milieu des pots de fleur et des instruments de rattissage, tonte, bechage… ?

Quel sens donner aux simple objets du quotidiens, à notre vie actuelle dans un autre contexte ? Auront-ils encore un sens ailleurs ou demain ? Ces « spacemen » insouciants sont accrochés à leur matériel en bois ou objet en papier car, s’ils les perdent, ils ne pourront plus les retrouver ni les reproduire sur cette terre lointaine. Se cachent-ils la réalité, la vérité de la situation ? Ne voient-ils pas que l’utilisation de ce matériel en ce lieu est impropre, inutile voire ridicule ? Essaient-ils de se raccrocher aux derniers souvenirs de l’humanité ? Ils ont sauvé ce qu’ils ont pu : table et chaises pour reconstruire le futur, journal pour se rappeler l’Histoire et ne pas la répéter…

Est ce que l’auteur nous dit que tout continue comme avant alors que tout change autour de nous ?

Un oiseau dans le métro

Jones Beach, 2017,  Matthew Grabelsky  de la série New York City Subway. 

Cette oeuvre est :

– une peinture et non une photo. On note donc la technique de la représentation figurative de l’artiste,

– un humain avec une tête d’oiseau. Original !,

– un contraste entre le sujet et son traitement : la banalité de la scène (une personne assise dans une rame de métro et le protagoniste qui est une hybridation mi homme mi animal,

– l’intention :  faire percevoir la part d’inconscient de chacun, voir d’originalité, pourquoi pas de fantastique. Des êtres hybrides conformes à leur environnement mais cultivant leur propre univers intérieur, faisant écho à un “continuum culturel beaucoup plus vaste”,

– Les références : les histoires de la mythologie grecque,

– Courant artistique : hyperréalisme, figuratif.