Ça tourne  ! 

Untitled, 2011, Lee Bae

Acrylique et pigments de charbon

Travail sur le contraste et la densité de la couleur noire pour lui donner du corps. Le médium utilisé pour ce travail, le charbon, est choisi pour :

– ces qualités plastiques qui assurent la profondeur du noir,

– ces références culturelles puisque le charbon (bois brulé) a été, dans l’art, l’un des 1er outils utilisé pour dessiner. Et sera également un matériau de construction de maison au Japon : technique du shou-sugi-ban.

– sa symbolique, car allegorie en chimie de la matière première. Le dictionnaire des symboles ajoute qu’il s’agit du “Symbole du feu caché, de l’énergie occulte; la force du soleil dérobée par la terre est enfouie en son sein; réserve de chaleur. Un charbon ardent représente une force matérielle ou spirituelle contenue, qui chauffe et éclaire, sans flamme et sans explosion; parfaite image de la maîtrise de soi chez un être de feu. Le charbon noir et froid ne représente que des virtualités; il a besoin d’une étincelle, d’un contact avec le feu, pour révéler sa vraie nature. Il réalise alors la transmutation alchimique du noir au rouge. Il est une vie éteinte, qui ne peut plus se rallumer par elle-même, s’il reste noir.”

Auto-portrait décalé… vers le bas.

Self-portrait, 1995, Huguette Caland.
Un auto-portrait “déplacé”. Parce que l’art contemporain est souvent un art décalé” ! 

Le talent de l’artiste est de permettre avec seulement 2 petites courbes en bas de tableau et un aplat de couleur rose chair sans volume ni relief d’identifier clairement la partie du corps souhaitée. L’imagination du spectateur fait le reste…

Ça c’est pour la technique. Pour le message l’audace est de reprendre un sujet vu et revu depuis les débuts de l’art : l’auto-portrait, tout en changeant le point de vue : une paire de fesses suggérée. Ceci envoie plusieurs messages :

– La remise en cause des conventions classiques de l’auto-portrait qui habituellement sont le visage voir le buste ou “de pied en cape”. Ici la vue est de dos… Plus precisément un bas de dos !

– Et finalement pose la question en ces termes : pourquoi ne serions nous définis que par notre “face” ? Les autres parties de notre corps ne sont-elles pas aussi constitutives de notre personnalitée, de notre physique ? En quoi ne pourraient- elles pas etre également partie prenante d’un auto portrait ?

Un dialogue amené avec humour entre la passé et le présent.